C'est auprès de
l'artiste-peintre mulhousien Jacky Chevaux que Paul-Marie Vuillard a appris à travailler le
nu, à l'école des beaux-arts de
Mulhouse.
En travaillant d'après modèle vivant, d'abord au fusain et au pastel, il a progressivement trouvé son style à
l'aquarelle, en laissant pénétrer la lumière sur le
modèle nu et en ne représentant que les ombres ainsi révélées, afin que l'œil du spectateur puisse recréer les contours du corps. Tout en pratiquant régulièrement la
peinture à l'huile, son thème favori restant toujours la femme, il a développé dans son atelier de Mulhouse une technique personnelle ou il intègre des
pigments bruts à ses tableaux, soit dilués, soit sous forme de poudre, créant des contrastes de teintes puissantes, dus au fait que la poudre se trouve telle quelle appliquée sur la toile.
Ses personnages s'y font de plus en plus discrets dans sa série des 3 messagers, puis disparaissent complètement pour laisser la place à des explosions de couleurs ou les quatre éléments s'y retrouvent sous diverses formes. L'eau sous la forme d'une vague ou d'un paysage sous marin, la terre et le feu par une éruption ou du magma s'échappant d'un cratère, quant à l'air, il se transforme en paysage céleste pour nous emmener jusqu'au big-bang originel. Dans ses éphémérides, fines feuilles d'or ou d'argent, l'artiste a voulu symboliser les jours qui passent et bien que pour chacun, ils ne durent que 24 heures, chacun pourra y mettre sa propre couleur, allant de la plus sombre à la plus claire.